Des scribes au service du Medef

lundi 11 février 2013

Le projet de loi doit reprendre « l’accord, tout l’accord, rien que l’accord », insiste Laurent Berger (CFDT). « Nous sommes très, très, vigilants » à ce qu’il respecte « à la virgule » le texte, prévient la présidente du Medef, Laurence Parisot, pour qui ce serait « un signe décisif donné à la démocratie sociale ». Alors que la patronne des patrons et les signataires de l’accord national interprofessionnel sur l’emploi militent activement pour une transcription dans la loi fidèle et à la virgule près de leur texte par le gouvernement et les parlementaires, les deux grandes centrales opposées au texte, la CGT et FO viennent de décider de mobiliser les salariés le 5 mars. Ce n’est évidemment pas banal, tant les rapports entre nos organisations ont été marqués par la défiance ces dernières années. Pas banal non plus que nous nous retrouvions sur des choses aussi essentielles que de combattre « un mauvais accord pour les droits sociaux » parce qu’il « organise une plus grande flexibilité pour les salariés, un recul de leurs droits individuels et collectifs au bénéfice des employeurs  ». Évidemment, cette position nous vaut d’être caricaturés.

Elle serait une « posture  » à en croire certains.

Mais le combat que nous menons en ce moment est au contraire justifié par le fond de cet accord. Analysés et mis en perspective, chacun de ses articles révèle des reculs, des avancées en trompe-l’œil, des promesses soumises à de nouvelles négociations.

La lourde insistance du Medef à imposer sa rédaction de la loi en dit long sur l’ampleur des avancées mises en avant pour les salariés. Laurence Parisot s’oppose ainsi à la rédaction de l’article sur la mise en place de droits rechargeables pour les chômeurs, qui serait rendue « obligatoire », alors qu’elle est conditionnée dans l’accord à la réalisation d’études d’impact préalables.

En réalité, le Medef ne veut pas mettre un sou de plus dans l’assurance chômage et entend que ces droits rechargeables soient une opération blanche. Ce qui signifie en clair qu’il faudra faire plus avec moins. A terme, c’est donc un rabotage de l’indemnisation qui se profile pour tous.

Les élus de la République ne peuvent pas être des « simples scribes au service du Medef » et « doivent bien comprendre les conséquences qu’impliquerait une transposition de l’accord dans la loi » affirme le secrétaire général de la CGT dans une interview à L’Humanité dimanche.

« Des pans entiers » de l’accord « entrent en contradiction avec des normes internationales relevant soit de l’Organisation internationale du travail - les procédures de licenciement par exemple - soit de la charte des droits sociaux européens ». « Je n’ose pas imaginer que cette majorité puisse produire une loi bafouant ces textes de référence » insiste Bernard Thibault.

Dans les jours à venir, la CGT va continuer le travail de pédagogie entrepris en direction des députés et du gouvernement, mais il est indispensable que ce travail soit adossé à la mobilisation des salariés.



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