Entre nous : que faire du fleuron d’un système économique en panne...

samedi 28 mai 2011
par  CGI
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Les banques ont été responsables de la grave crise financière de 2008. Les causes en sont connues. L’objectif de rentabilité financière immédiate a conduit les banquiers à utiliser l’argent des épargnants, leurs clients, pour spéculer et prendre des risques inconsidérés. Par des mécanismes complexes, les banques se sont retrouvées en possession d’une immense quantité d’actifs « toxiques » qu’elles ont dû dévaloriser. La conséquence immédiate fût la réduction de leurs bénéfices qui a entrainé la nécessité de renforcer leurs fonds propres pour assurer la garantie de leurs liquidités. Et c’est l’Etat, donc le contribuable, qui a assumé un « sauvetage » public des banques, par une aide directe remboursable et des garanties à hauteur de 360 milliards d’euros.

En 2010, seulement deux ans après le début de la crise, les banques affichent déjà des profits insolents : 21 milliards d’euros sur l’année, dont 7,8 milliards pour la seule BNP. Rien n’a changé dans leur fonctionnement. Elles continuent de capter l’épargne des Français qu’elles utilisent, non pour financer l’économie, l’emploi, les salaires - ce qui devrait constituer leur activité de base - mais pour continuer à rechercher des niches de rentabilité contraires à l’intérêt du plus grand nombre.

De plus, grâce à l’aide publique qu’elles ont reçue, les banques exercent aussi un chantage sur le financement de la dette des Etats et pratiquent des taux d’intérêt insupportables pour les pays, alors qu’elles sont, en partie, responsables de l’accroissement de l’endettement des Etats.

Tous les éléments d’une nouvelle crise financière sont à nouveau réunis. En effet, après la Grèce et l’Irlande, le Portugal est incapable de faire face à ses échéances. D’autres pays pourraient suivre : l’Espagne – et à terme la France.

Conséquence : les plans d’austérité, imposés par l’UE et le FMI, se succèdent sans que les économies ne parviennent à se redresser. La semaine dernière encore, le FMI étudiait à nouveau le plan de financement grec, laissant à penser que le précédent n’avait rien résolu contrairement aux affirmations faites il y a peu... En revanche, ces plans exigent des réductions drastiques essentiellement infligées aux services publics avec un blocage des salaires, des suppressions d’emplois massives qui conduisent à leur démantèlement in fine supporté par les citoyens pour tenter de diminuer les déficits publics. Mais ces plans d’austérité ne font qu’enfoncer un peu plus les pays dans la crise et font subir des conditions de vie indignes aux populations. La nécessité de financer individuellement ce qui était un service financé collectivement participe à la baisse du pouvoir d’achat, quand cela ne conduit pas à l’obligation de se passer de services essentiels tels que la santé ou l’éducation. Ainsi la pauvreté se développe rapidement pour enrichir les spéculateurs, les marchés et les actionnaires des banques qui se gavent de profits grâce à de forts taux d’intérêt appliqués aux Etats et à une facturation indécente appliquée à leurs clients, notamment les plus démunis.

Au fond, cette crise financière n’est qu’un élément de la crise, grave et durable, du système politico-économique en place. Une alternative crédible et radicale à ce système en panne doit être rapidement mis en place.

Au regard des enseignements de la crise financière, il apparait indispensable de placer l’activité bancaire sous contrôle. Sa nationalisation pourrait permettre le contrôle des ressources (l’épargne) et de leur utilisation (le crédit). Et le secteur dit « mutualiste » – Crédit Agricole, groupe Banque Populaire-Caisse d’Epargne, etc. – dont la gouvernance est pilotée par des structures cotées en bourse, qui agissent de la même façon que les autres banques privées tout en tenant un discours mutualiste dans leurs unités de proximité, est tout autant concerné. Le secteur « mutualiste » traitent ses salariés de la même manière qu’ailleurs, et les clients y subissent le même sort.

La nationalisation des banques apparait nécessaire pour changer la donne en matière de financement de l’économie. Par ailleurs, au regard des dividendes perçus depuis de nombreuses années par les grands actionnaires, la réquisition pure et simple sans indemnisation pourrait même être envisagées : en période de crise des efforts doivent être consentis, ne cesse-t-on de nous marteler !!

Les banques, ainsi nationalisées, pourraient être placées sous le contrôle commun de l’Etat, des collectivités territoriales, des salariés et des usagers eux-mêmes, avec la mise en place d’une véritable démocratie lors, notamment, d’Assemblées Générales.

En conclusion, si on veut changer le système politico-économique en panne, dont les crises successives démontrent les limites, il faut sans aucun doute et avant tout s’attacher à transformer radicalement le mode de fonctionnement de son fleuron : le système bancaire.


Commentaires  (fermé)

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lundi 30 mai 2011 à 13h06, par  gdfontaines

Le 30 septembre dernier, Mme Labarre membres du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et des Sénateurs du Parti de Gauche, a introduit un amendement au Sénat qui allait explicitement dans ce sens (tapez : marie agnès labarre glass steagall) .. bien entendu rejeté par Philippe Marini, Lagarde and Co .. cela en dit long sur les failles d’un système aux ramifications mafieuses jusqu’au plus haut niveau !

Car s’il est une mesure de régulation saine c’est bien le GLASS-STEAGALL de Roosevelt effectivement .. et apparemment ça doit leur faire peur .. sinon en quoi le GLASS-STEAGALL dérange-t-il donc Lagarde et ce lobby de la finance pour qu’ils préfèrent des mesurettes de speudo régulations faciles à détourner ? Les relais de Lheman Brother et Cie (qu’elle cite) ne sont-ils pas, en Europe, les Deutsh Bank et Bnp asset management et consorts .. tous en faillite tant ils détiennent de créances d’Etats (Grèce, Portugal, Espagne ..) irrévocablement impayables sans tuer les peuples qu’on a sciemment endettés.

Il ne devrait pas être question qu’au nom de la banque universelle se soit aux peuples de payer les escroqueries des spéculateurs .. qu’ils aillent jouer au Casino ailleurs, nous n’avons pas à les renflouer ! Leur mise en banqueroute organisée est plus que urgente et nécessaire.

Nous devrions tous écrire et soutenir Mme Labarre (voir le lien sur Senat.fr) dans cette démarche qui est une véritable bataille. Exigeons d’elle qu’elle se batte encore !

Logo de Ferdinand Pecora
lundi 30 mai 2011 à 11h32, par  Ferdinand Pecora

Avant de nationaliser quoi que ce soit, il faut qu’une Commission d’enquête parlementaire fasse le tri entre les dettes en lien avec l’économie physique et les dettes de jeu illégitimes. C’est ce qui est (presque) en train de se faire aujourd’hui : le député PS et Président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, sera le rapporteur le 8 juin à l’Assemblée nationale de la proposition de résolution, adoptée à l’unanimité par la Commission des Finances le 25 mai, demandant une commission d’enquête sur les emprunts toxiques contractés par les collectivités.

Une fois le tri effectué, alors la procédure adoptée en décembre 1945 en France - équivalente au Glass-Steagall Act de Roosevelt - permet effectivement de séparer les activités des banques. Dans ce cadre, du crédit productif public peut à nouveau être émis : l’Etat-nation reprend les rênes du crédit dans le cadre d’accords internationaux de type Bretton Woods (taux de changes fixes).

Cela doit évidemment se faire au niveau international, les Etats-Unis ayant déjà déclaré la guerre à Wall Street avec le Rapport Angelides, la Commission Levin-Coburn et l’introduction du projet de réinstauration du Glass-Steagall de Roosevelt sous la forme de la loi H.R. 1489 de Marcy Kaptur, qui signera la fin de la mainmise de l’activité spéculative sur l’économie mondiale, véritable crime contre l’humanité depuis 40 ans.

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