Présidentielle : Imposer le social au second tour

mardi 24 avril 2007
par  Ben
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Par bien des aspects, cette élection présidentielle ne ressemble pas à la précédente. La France ne se réveille pas ce lundi matin avec la mauvaise conscience d’un abstentionnisme massif qui avait porté Le Pen au second tour en 2002.

Mieux, ce dernier recule en pourcentage, sans doute détroussé par le candidat UMP qui a mené son action au gouvernement et sa campagne depuis un an sur les thématiques favorites du FN. Ce premier tour se caractérise par un recul de l’abstentionnisme que l’on croyait durablement installé dans le paysage.

De cela, les organisations syndicales, et la CGT en particulier, peuvent se féliciter. En effet, cet appétit des citoyens pour la politique doit beaucoup à la forte tenue du mouvement social depuis 2002.

Comment ne pas relier, par exemple, le courant d’inscriptions sur les listes avec le combat victorieux contre le CPE ?

L’autre caractéristique de ce scrutin, est le renforcement du caractère bipolaire de la vie politique française. Cette bipolarisation n’est pas tant la marque d’un affrontement « projet contre projet » que celle d’un essoufflement de notre modèle politique qui laisse bien peu de place à l’expression de la diversité, à l’émergence et au renouvellement d’une pensée critique.

Reste maintenant un choix à faire entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

Le candidat UMP n’est clairement pas un homme neuf et même s’il se présente comme candidat de la rupture, il est d’abord porteur d’un bilan : celui de plusieurs gouvernements qui ont puissamment réformé le code du travail, les libertés fondamentales, la protection sociale et qui ont privatisé ce qui pouvait encore échapper au marché. Le bilan est aussi marqué par une somme de mensonges répétés sur les thèmes de l’emploi, de l’évolution des prix. Il n’a rien renié, rien jeté, et les seuls regrets exprimés sont de n’avoir pas eu les coudées suffisamment franches pour pousser les feux du libéralisme. Clairement, ce candidat est celui choisi de manière ostentatoire par le MEDEF. Nicolas Sarkozy est le candidat de l’ordre au service de l’argent. S’il n’appartient pas aux organisations syndicales de faire campagne, la neutralité ne signifie pas l’aveuglement, pas plus que l’attente benoîte.

Le débat du second tour doit se jouer sur les questions sociales qui se sont exprimées ces dernières années.

De ce point de vue, le dessein politique de la candidate socialiste mérite d’être clarifié pour apparaître comme une alternative au projet ultralibéral et liberticide de Sarkozy.

L’enjeu est de taille.

Parler enfin de l’emploi et pas seulement du traitement social du chômage, des salaires tant de l’urgence de l’augmentation des bas salaires que du paiement de toutes les qualifications. De l’education, du service public, de la protection sociale. Disputer le terrain du social par des réponses fortes, construites dans le débat aussi avec les organisations syndicales.

C’est pourquoi le 1er mai doit être un moment fort de l’expression des salariés et des organisations syndicales.



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