Ah le beau projet... Oh la belle entreprise N°3

lundi 25 août 2014
par  CGI
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  Sommaire  

 

Les informations présentées illustraient les mauvaises conditions de travail dénoncées par les salariés et l’obstination de la Direction à ne rien changer :

  • Réorganisation ISI-PROD
    • au CDS, l’externalisation des activités de niv. 1 est confirmée mais la requalification des postes initialement évoquée par la Direction n’est plus à l’ordre du jour : attrape nigaud ?
    • globalement, des postes sont supprimés et d’autres resteront vacants …
  • Harmonie : introduction de nouvelles technologies
    • la direction piétine la loi, consulte les élus quand elle décide et réalise des investissements au rabais
  • Bilan social
    • les chiffres en disent long sur le quotidien des salariés
  • Budget prévisionnel 2014 - restitution de l’expertise
    • les experts se battent pour obtenir des informations pourtant légales : la Direction a-t-elle des choses à cacher ?

 

Bilan Social

Lors de la consultation sur le bilan social 2013, la CGT s’est exprimée. « Punir les effrontés » : la Direction ne voit pas de quoi il s’agit ! Voilà son unique réaction…

« Le syndicat de l’informatique Crédit Agricole CGT partage l’avis, l’analyse et les remarques faites par la commission économique et les élus à propos du Bilan social.

Mais devant la liste des doléances que suscite ce bilan, notre syndicat a choisi de ne retenir que trois points qui constituent des faits graves que vous devez rapidement résoudre :

  • Le premier porte sur la réalisation d’un plan de formation très en deçà des besoins de nos professions dans le contexte d’évolution technologique actuel et au regard des missions et engagements des GIE vis-à-vis des Caisses régionales : les moyens ne sont pas donnés aux informaticiens pour leur permettre de remplir leur mission.
  • Le second porte sur les inégalités : inégalités de salaire entre les femmes et les hommes autour de 10%, inégalités de traitement des salariés en classe I en matière de reconnaissance des compétences, reconnaissance d’expertise, promotion, formation, ces constats ne sont pas acceptables, des actions concrètes doivent être mises en œuvre.
  • Le troisième porte sur des conditions de travail qui se détériorent jusqu’à porter atteinte à la santé des salariés : alors que le nombre de jours moyens de congés pris par salarié diminue, la part des absences maladie augmente, le nombre d’arrêts maladie supérieurs à 3 mois est très important, le nombre d’accidents du travail est multiplié par 3, le nombre de jours d’arrêt consécutif à ces accidents est multiplié par 4.

En somme la sollicitation des salariés augmente, leur temps de repos diminue et leur santé s’altère !

Et les rapports des médecins du travail qui osent dénoncer la chose ne font que confirmer par le ras le bol, la démotivation et jusqu’aux larmes, la souffrance au travail que laissent transparaitre les chiffres du Bilan social.

Ce n’est pas en punissant les effrontés qui maladroitement s’insurgent contre cette pression devenue insupportable pour eux que vous réduirez les risques qui pèsent sur les plus silencieux.

Le syndicat de l’informatique Crédit Agricole CGT vous a déjà plusieurs fois alerté à ce propos, tous les vecteurs d’informations vous remontent les mêmes constats : l’organisation de l’entreprise présente un risque pour la santé des salariés, il est de votre responsabilité d’agir au plus vite pour lever ce risque : c’est une demande solennelle que nous vous adressons aujourd’hui. »

Crédits d’Impôts - Cadeau aux entreprises

Le Crédit d’Impôts Recherche avait été présenté en février :

  • Le DG avait estimé qu’il s’agissait d’une bonne redistribution de l’impôt vers les entreprises
  • La CGT s’était exprimée en faveur d’une redistribution vers les plus nécessiteux, des millions offerts à des entreprises qui réalisent pour certaines des milliards de bénéfice.

Des élus avaient réclamé l’information légale sur le Crédit d’Impôts Compétitivité Emploi (CICE)…

En juin, à propos du CICE, la CGT a fait une analyse de l’utilisation de nos impôts au regard de nos salaires, conditions de travail et résultats escomptés, en phase avec les revendications portées en avril.

« Dès la première phrase de votre présentation, le CICE passe du Crédit Impôt Compétitivité Emploi au dispositif fiscal de financement des améliorations de la compétitivité des entreprises.

Une phrase suffit à jeter aux oubliettes les efforts que doivent réaliser les entreprises en matière d’Emplois avec le cadeau fiscal CICE parce que le E final ne signifie pas Entreprise mais Emploi.

Ce cadeau consenti par l’Etat est calculé sur les salaires les plus bas versés par les GIE aux salariés. Mais il bénéficie aux Caisses régionales. Ainsi selon vous, seules les Caisses régionales ont à justifier l’utilisation de ce cadeau tombé du ciel, alors sans doute faut-il nous estimer heureux de cette information très succincte.

Sans chercher à entrer dans le détail, nous constatons qu’au sein des GIE Informatiques du Crédit Agricole, composés de 70% de cadres, 1 salarié sur 4 reçoit un salaire suffisamment bas pour offrir à l’entreprise cette aide de l’Etat, soit en moyenne 1470 € par salarié concerné en 2013. Alors certes, les milliers d’euros obtenus grâce aux salariés des GIE sont bien peu au regard des montants obtenus grâce aux salariés des Caisses régionales.

Mais en 2013, en réalisant toutes les bascules vers le SI Unique, les informaticiens ont largement contribué à l’amélioration de la compétitivité des Caisses régionales du Crédit Agricole. La répartition égalitaire de cette « petite » enveloppe de CICE aurait constitué une prime de 350 € par salarié, soit plus du double de la prime que vous avez versée à l’issue du mouvement social du 1er avril 2014 et une redistribution égalitaire aux seuls salariés à l’origine de cet avantage, pour améliorer leur pouvoir d’achat, représenterait la coquette somme de 1 470 € !

Car, entre nous soit dit, avec 3,5 milliards de résultats nets annuels, les Caisses régionales n’ont pas réellement besoin de ce coup de pouce sans contreparties ciblées alors que les petites et moyennes entreprises auront bien du mal à investir ou embaucher avec les petits CICE qui leur seront octroyés.

Au Crédit Agricole Mutuel, alors que le salaire de base est réputé en dessous de la moyenne du marché, alors que les conditions de travail ne cessent de se détériorer sous l’effet des restructurations et réorganisations, avec des effectifs toujours plus contraints, l’investissement productif doit avant tout passer par le recrutement, par la juste reconnaissance de la valeur ajoutée produite et par l’amélioration immédiate des conditions de vie au travail. »

HARMONIE

Investissement des GIE CAT/CAS : la nouvelle méthode de production HARMONIE.

Le travail de communication autour des noms de baptême de nos projets n’a échappé à personne …

La CGT s’est exprimée en juin lors de la consultation sur ce qui n’est déjà plus un projet...

Le dossier Harmonie présente les nouvelles méthodes et les nouveaux outils qui viennent modifier le mode de production des GIE informatiques du Crédit Agricole, CA Technologies et CA Services. En ce sens, il constitue ce que le code du travail qualifie d’introduction de nouvelles technologies dans une entreprise.

Ce dossier s’inscrit dans la démarche de construction de la version 2 du système d’information unique des Caisses régionales qui implante le socle nouvelle technologie du système unique. Construire la V2 impliquait au préalable le choix des nouveaux outils et méthodes de travail, l’analyse des impacts de ces choix sur l’organisation du travail dans l’entreprise, les équipements et formations nécessaires. Le dossier Harmonie est en partie le résultat de ces travaux.

L’introduction de nouvelles technologies amènent des changements qui, au regard de la loi, ne doivent être entrepris qu’après présentation aux élus du Comité d’Entreprise du projet mené par la Direction et recueil de l’avis motivé des élus sur un tel projet.

Mais force est de constater que le dossier Harmonie n’est plus un projet depuis longtemps : la construction de la V2, débutée en 2011, en fait une réalité presque ancienne. En effet, les dirigeants du Crédit Agricole en faisant le choix de planifier le programme NICE de manière à mener simultanément la construction d’une version 1 du système Unique avec bascule de toutes les Caisses régionales et la construction d’une Version 2, socle du SI Unique nouvelle technologie, décidaient de mener leur transition technologique au mépris des lois, au mépris des législateurs, au mépris des institutions représentatives du personnel et donc au mépris de ses salariés.

Certes les directeurs et responsables en charge de ce dossier ont accepté de mener une étude avec les élus du CHSCT afin de mieux en mesurer les impacts et entendre leurs préconisations, il n’en demeure pas moins que les lois qui visent à protéger les conditions de vie au travail des salariés ne sont pas respectées et ce qui ne pourrait paraitre qu’un problème de forme amène aussi des problèmes de fond.

Une méthode commune de travail, centrée sur les exigences (de nos clients) avec un référentiel de test parait utile voire indispensable. Mais une méthode basée sur des itérations très courtes et répétitives, dans lesquelles MOA et MOE sont amenées à travailler en étroite collaboration pourrait s’avérer difficile à mettre en œuvre dans une organisation géographiquement répartie. Le recours aux audio et visio conférences présentent des limites. Le risque est grand pour les salariés de devoir subir des déplacements professionnels récurrents ou des changements fréquents de domaines technico fonctionnels qui vont à l’encontre du développement de l’expertise et imposent une remise en question constante, fatigante pour le salarié et qui use sa motivation.

Les formations modulaires envisagées pourraient être un gage d’efficience mais les durées de formation laissent à penser qu’il s’agit davantage d’information que de formation. Les mesures d’accompagnement organisées au sein d’une cellule dédiée pourrait être une compensation pragmatique intéressante mais là encore l’entreprise fait l’économie de ses investissements en sollicitant les salariés au-delà du raisonnable. Comment un concepteur, un analyste, un chef de projet, devenu référent sur un outil, pourra-t-il mener à bien ses travaux sur son projet en cours, en analysant aussi les demandes d’assistance de ses pairs, soit pour les orienter vers la réponse, soit pour remonter et analyser l’évolution qu’il conviendrait de mettre en œuvre pour y répondre ? Les potentielles passions qui auraient pu naitre autour de cette activité d’assistance des référents vont très vite se transformer en surcharge, en stress, en burn out pour certains, au milieu de relations toujours plus tendues où l’autre est perçu comme LE responsable de la surcharge de travail et du retard pris dans l’activité quotidienne.

Par ailleurs, le choix de formations modulaires selon le rôle du salarié, le type de projet et de matière sur lesquels il intervient, sont en phase avec les spécificités des métiers de l’informatique qui dépendent grandement de la matière sur laquelle le salarié intervient. En revanche ces choix paraissent en contradiction avec l’organisation vivante et non figée voulue pour la filière Etude, organisation dans laquelle le Directeur des Etudes explique par exemple que les recrutements à venir n’ont pas vocation à renforcer telle ou telle unité car selon les besoins de l’instant un salarié pourrait intervenir sur un domaine ou un autre sans impact sur son métier selon lui.

Nous voyons bien là qu’impact il y aura puisqu’un module d’information devra être dispensé et que le recours aux pairs référents n’est pas prêt de se tarir.

L’ensemble de ces choix, tant organisationnels que ceux qui ont trait à l’introduction de nouvelles technologies cherchent systématiquement à limiter les coûts de fonctionnement et d’investissement des GIE et font peser de multiples risques sur les conditions d’emploi et de vie au travail des salariés sans garantir la qualité des travaux et donc la pérennité de l’entreprise ; ces risques vont jusqu’à exposer la santé des salariés : c’est complètement inacceptable.

Pour toutes ces raisons, le syndicat de l’informatique Crédit Agricole CGT rend un avis défavorable sur le dossier Harmonie.

Tous ensemble, nous pouvons imposer d’autres choix, d’autres orientations. Il vous appartient de donner du poids à un syndicat qui dénonce les abus, propose d’autres orientations et ne baisse jamais les bras.

Avec la CGT, protégez vos intérêts et gagnez de meilleures conditions de vie et de travail.


Commentaires  (fermé)

Logo de CGI
mardi 26 août 2014 à 12h46, par  CGI
  • quel que soit le bulletin de vote déposé dans l’urne, chacun est libre de dire ce qu’il pense et de faire les propositions qu’il pense bonnes
  • le fait d’être retraité ne te privera pas d’entendre « des gérémiades » si tu prêtes l’oreille
  • pour ce qui concerne ce message, il ne s’agit nullement de gérémiades mais d’informations, d’analyses certes critiques à lier aux propositions faites par la CGT depuis le 27 mars (pour ce qui concerne CAT/CAS).

Pour préciser une autre de tes remarques, le statut de salarié engloble les travailleurs rémunérés et tous ceux qui ne sont pas, ou plus, en capacité de travailler (privés d’emploi, malades, handicapés, retraités).
En effet, c’est toujours la rémunération du travail des uns (c’est à dire le salaire) qui par le biais des cotisations permet aux autres de continuer à percevoir les moyens de vivre ainsi la solidarité de notre système social étend le statut de salarié (celui qui vit du salaire) aux personnes qui ne peuvent pas travailler. Tu restes donc dépendant des conditions de rémunération du travail en étant à la retraite, d’où l’intérêt de toujours veiller à l’évolution favorable pour les salariés du prix du travail.

Ce système, en plus de lutter contre la misère de ceux qui sans travail n’auraient aucun moyen pour vivre, offre aussi l’indépendance à ceux dont les proches assuraient avant les moyens de vivre.

Je te souhaite donc une très bonne retraite sans oublier que cette liberté dont tu vas enfin bénéficier est le fruit d’un système solide (si toutes les cotisations étaient versées, le système Santé, Retraite,Famille,Chômage serait excédentaire) et fragile à la fois puisque le patronat lutte depuis son instauration pour récupérer cette masse financière.

Et il est vrai que le patronat sait se faire entendre y compris du gouvernement actuel. En grande majorité, les salariés se taisent ou acceptent des reculs récurrents : ils s’en foutent ...

Pour ma part, j’ai choisi de parler et d’agir à ma modeste mesure et il semble qu’ailleurs d’autres voix se lèvent aussi !!

Logo de gigidu 81
lundi 25 août 2014 à 22h10, par  gigidu 81

salut petit cgi en culottes courtes

Il faut pas se plaindre quand on a voté hollande

gigi il s’en fout il part à la retraite dans 2 mois et n’entendra plus de géremiades

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