06 juin 1944, que devons-nous en garder ?

vendredi 6 juin 2014
par  CGI
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Les opérations de débarquement ont été le fruit :

  • d’une prise de conscience des conséquences de l’acceptation des conditions arbitraires fixées par un système politique et économique centré sur des intérêts très particuliers
  • de l’entrée en résistance d’une minorité, sur les territoires occupés comme à l’extérieur. Et ceci nous amène à réfléchir sur le réflexe d’émigration qui n’est pas une solution facile de fuite en avant, c’est d’abord la conséquence de l’arbitraire et c’est aussi pour certains un acte courageux de résistance.
  • de la décision d’unir les moyens disponibles dans un objectif unique, commun et fondamental, au delà de ce qui nous différencie et nous oppose souvent
  • du sacrifice des intérêts individuels pour l’intérêt collectif.

En ces jours anniversaires de commémoration, la tendance est à s’incliner respectueusement en mémoire de ceux qui sont tombés pour nous rendre la LIBERTE et c’est bien là la moindre des choses.

Mais le meilleur hommage que nous pouvons rendre à ces femmes, ces hommes, ces enfants sacrifié-e-s, n’est-il pas de faire prospérer en portant toujours plus haut les valeurs de LIBERTE, EGALITE et FRATERNITE qui les animaient ?

Connaissons-nous seulement l’héritage qui nous a été offert ?

Au delà de la libération des territoires du joug des troupes nazies, les français ont concrètement bénéficié, dès la fin de la guerre, sur un territoire dévasté et dans une économie ruinée, des bienfaits d’un programme conçu entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé.

Seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance avaient rédigé le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux ».

Ce programme était établi en deux parties, la libération des territoires et la construction d’une société nouvelle. Cette seconde étape, en parfaite adéquation avec la devise inscrite aux frontons des bâtiments de la République Française allait hisser encore plus haut le visage d’une France où EGALITE et FRATERNITE ne sont pas de vains mots.

Et c’est précisément ce programme qui aujourd’hui encore, au cœur du système social français, distingue la France des autres pays. C’est ce programme qui a donné naissance à la Sécurité Sociale, la Retraite par répartition, la liberté de la presse, les comités d’entreprises, le statut de la fonction publique etc.

A l’heure de ces commémorations et au lendemain des derniers résultats électoraux nous devons nous interroger sur l’usage que nous faisons de cette liberté retrouvée, aujourd’hui plutôt malmenée.

Nombre de mécontents se conduisent comme ceux qui se laissent porter (ils ne s’expriment pas) ou ils se tournent de manière compulsive vers un parti qui ne cesse de faire volte-face sur tous les sujets (pro européen dans les années 80, ultralibéral dans les années 90, antisocial au début des années 2000, aujourd’hui anti-européen, protectionniste et soi disant proche des aspirations sociales du peuple ...) : aucune constance dans la ligne politique, tout est bon... et en période de crise il attire aux urnes en surfant sur la peur, la xénophobie, avec une once de pétainisme sur fond de racisme.

Il est grand temps de décrypter ces mécanismes démagogiques, qui ne sont pas sans rappeler ceux des années 30, alors rien de mieux que de se cultiver politiquement dans l’espoir et la bonne humeur car ce n’est surtout pas le moment de baisser les bras.

Alors, comme ces résistants des années 40, envisageons de « Nouveaux Jours Heureux », voyons ensemble comment repenser collectivement l’avenir, commençons par nous imprégner de leur travail sans nous laisser berner par les sirènes du MEDEF qui prétendent que ce programme ne serait plus applicable alors que notre société génère un PIB bien plus important qu’au sortir de la guerre !!

A lire : « Les jours Heureux » le programme du CNR

A voir : le film « Les jours heureux » de Gilles Perret

Ces hommes qui « avaient peur 26 heures sur 24 » témoignent avec modestie de leur travail. Ce qui paraissait être « leur utopie » est devenue « notre réalité » grâce à leur pugnacité à défendre les intérêts d’une classe : celle des salariés, la nôtre !

« Jusqu’à la fin du monde vous aurez hélas des opprimés. Et bien si vous vous battez pour leur libération, pour leur avantage - je ne veux pas dire leur domination -, si vous vous battez pour eux, vous ne vous trompez jamais ! »

Daniel CORDIER secrétaire de Jean MOULIN.


La CGT vous invite au débat !


Documents joints

Les jours heureux
Les jours heureux

Commentaires  (fermé)

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mardi 10 juin 2014 à 21h28, par  braco

le petit gigi en culottes courtes s’interesse à la grande guerre !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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